• Publié le 28 juin par MéthaN-Action

PRODIGE II

Les résultats de l’étude PORDIGE 2 sont sortis il y a quelques semaines et constituent désormais un socle solide de référence sur le fonctionnement technique et économique des unités de méthanisation en France.

Ce programme d’acquisition de connaissances a permis d’enquêter plus de 80 sites de méthanisation en service, présentant un échantillon autant représentatif que possible de la méthanisation française. Les enquêtes ont donc porté à la fois sur des unités en cogénération et en injection, collectives et individuelles, associées majoritairement à des élevages ou non, provenant de 10 régions différentes, issues d’une large gamme de constructeurs ou encore, présentant une grande variété de puissances.

L’étude a démontré qu’une large majorité d’agriculteurs méthaniseurs se considèrent satisfaits de leurs unités, tant sur le fonctionnement global des sites que sur leurs résultats économiques. Sur le plan technique, 96% des exploitants de sites en cogénération se disent satisfaits et 100% de ceux exploitants des sites en injection. Sur le plan économique, cette note est de 83% de satisfaits pour les sites en cogénération et 88% pour les sites en injection. Ce qui représente des notes globales très positives prouvant une fois de plus le bienfondé du développement de cette technologie de production d’énergie renouvelable.

Actuellement, les business plans réalisés par les bureaux d’études ou constructeurs de la filière se basent sur une durée moyenne de fonctionnement de 8000h/an ; permettant ainsi aux exploitants d’absorber économiquement quelques jours d’arrêt de production dans l’année en fonction des divers aléas pouvant intervenir. L’étude PRODIGE 2 a pu démontrer que la durée annuelle moyenne de fonctionnement était de 8266h pour les unités en cogénération et de 8493h pour celles en injection. En moyenne la productivité des sites est meilleure que celle prévue initialement dans les modèles économiques.

Les principales causes d’arrêt de production sont liées majoritairement à des pannes sur le cogénérateur et à des coupures EDF, pour les sites valorisant leur biogaz en électricité. Ce qui représente en moyenne 5 jours d’arrêt. Pour celles injectant le biométhane dans les réseaux de gaz, les causes d’arrêt de production sont plutôt liées à l’indisponibilité des postes GRDF, à des pannes sur l’épurateur ou à des défauts sur la qualité du gaz, représentant en moyenne 8 jours d’arrêt.

Sur la partie épandage et valorisation du digestat, les agriculteurs-méthaniseurs sont encore une fois largement satisfaits, 95% d’entre eux se disent assez ou très satisfaits. La majorité d’entre eux disposent d’un système de séparation de phase, ce qui leur permet d’optimiser leur système d’épandage et la valorisation agronomique de leur digestat. La majorité d’entre eux disposent également de matériels d’épandage adaptés, près des ¾ d’entre eux utilisant des pendillards.

 

Sur le plan économique les résultats sont largement satisfaisant pour les sites enquêtés à ce jour, avec des recettes moyennes de 7700euros du kWé pour les cogénérations et 31500 du Nm3/h vendu pour les injections. L’étude détaille les recettes et les charges des différentes unités en fonction de leur gamme de puissance. Des résultats très intéressants dont vous invitons à prendre connaissance en téléchargeant le rapport final de l’étude à travers le lien ci-dessous.

Compte tenu des recettes et charges connues au moment de l’étude, la marge nette standardisée moyenne était de 42 euros par MWh électrique vendu (cogénération) ou de 31 euros par MWh PCS (injection), soit des résultats économiques encourageant pour inciter d’autres agriculteurs à se lancer dans l’aventure de la méthanisation !

Toutefois, le contexte économique ayant grandement évolué depuis la réalisation des enquêtes, l’étude présente également ce a quoi pourraient ressembler ces résultats en tenant compte notamment de l’augmentation des coûts des substrats et de l’électricité… Et l’impact de ces augmentations de charges sur les marges nettes standardisées est très fort. C’est pourquoi il est désormais très important de sensibiliser les porteurs de projet sur ces évolutions économiques contextuelles, en attendant que la situation se stabilise de nouveau. 

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